DÉBORAH GAD

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L'éloquence de l'intime

Jeune artiste de vingt-neuf ans, c'est après des études de comptabilité que Déborah Gad intègre l'école nationale supérieure d'art : la Villa Arson. 

Elle explore le dessin au fil d'une production abondante, dont la facture est tout de suite affirmée. Un jet de fusain : les visages apparaissent, aux regards flottants, profonds comme un horizon marin.

Atelier, petits boulots, le temps file, les visages se succèdent : les corps naissent. Toujours plus éloquents. Ils forment un écrin, mais que contiennent-ils ? Les coups de pinceaux affirmés, colorés, contrastent avec l'espace gardé blanc du papier : qui prend vie, comme immaculé. 

De retour à Paris, elle se dévoue entièrement à la peinture. Le silence de l'atelier: c'est là qu'elle chante, en couleurs, en tracés. Il faut aussi manger, les difficultés se suivent, mais la jeune artiste est déterminée : elle court d'un boulot à l'autre, d'un atelier à l'autre. Cette urgence, on la retrouve dans son travail : c'est une bataille, un souffle sur le papier.

À présent installée, Déborah Gad travaille dans son atelier à Issy les Moulineaux. Les portraits sont dénudés, les nus sont portraits. Le corps féminin libéré de tout fantasme : il nous livre une histoire - une identité. 

La forme évolue : avec une permanence, il s'agit du modèle : sa soeur - éternellement érigée. Mais est ce là l'essentiel ? Renouant avec la tradition des icônes, peut être l'artiste introduit elle le thème de la Madone solitaire ? Peut être est-ce au delà de ce corps, au delà de cet être ? Une allégorie de l'être au monde, façonnée par une femme ? Une allégorie de l'être : engendrée par l'intime ?

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